lundi 31 août 2009

« Ô que je suis comblé de regrets et d’ennuis ! »

Après un sevrage de vie parisienne d'un bon mois, j'ai passé trois jours à Paris. Et là, j'ai pu refaire des choses qu'il est impossible de faire à Luxembourg, mais nous nous sommes aussi rendus compte que, vraiment, il y avait des choses que nous ne regrettions pas ! Alors, petite revue des regrets et des plaisirs de la vie luxembourgeoise !

Depuis que j'ai quitté Paris, je regrette :
- de ne plus pouvoir acheter de quoi dîner et de quoi petit-déjeuner quand je rentre avec le dernier train et que le frigo est vide vu que cela fait trois semaines que nous n'avons pas mis un pied dans l'appartement.
- de ne plus pouvoir aller au cinéma juste en traversant la rue.
- de ne plus pouvoir faire des courses dans un supermarché normal le dimanche.
- de ne plus pouvoir prendre le métro et, plus globalement, le réseau de transport parisien qui est quand même, quoi qu'on en dise, très efficace et bien pensé.
- de ne plus pouvoir à la fois faire la grasse matinée le samedi et faire des courses sans courir parce que les magasins ferment au plus tard à 18 heures.
- de ne plus trouver, tout près de chez moi, une librairie digne de ce nom, avec un vrai libraire qui n'est pas qu'un vendeur de livres.


Depuis que je vis au Luxembourg, je ne regrette pas :
- les jeunes (et moins jeunes) ivres morts qui hurlent dans les rues à 2 heures du matin.
- d'être réveillée au marteau-piqueur à 7 heures du matin parce qu'ils refont toute la rue en bas de l'immeuble.
- d'être obligée de sortir pour lire au grand air et au soleil : nous avons notre propre bout de jardin !
- de devoir trouver un tabac pour acheter mes cigarettes : ici, on en trouve dans les bureaux de tabac, mais aussi dans tous les cafés, les supermarchés, les épiciers…

mercredi 26 août 2009

Allô Tonton, pourquoi tu tousses ?

Il faut croire que Roselyne Bachelot lit ce blog, puisque la nouvelle campagne d'information "Stop aux virus de la grippe" propose un nouveau message sur la façon de tousser !

(Source : site de l'INPES)

Je vais donc tenter d'influer une nouvelle fois, pour le bien de la France et la santé des Français ;-), sur les campagnes de prévention du Ministère de la Santé. Regardez le nouveau clip proposé par les services de Roselyne Bachelot et le CSA :


Vous avez vu l'URL qui est proposée à la fin ? Pas facile à retenir, très longue (donc avec pas mal de risques de faute de frappe) et assez anxiogène, je trouve. Au Luxembourg, le site officiel, c'est tout simplement grippe.lu. Alors évidemment, cela fait sans doute longtemps que grippe.fr n'est plus disponible à l'achat (et si vous regardez, c'est une page parking). En revanche, vu que gouv.fr appartient à l'état français, pourquoi ne pas faire simplement grippe.gouv.fr ? Parce que ce sous-domaine n'est pas exploité et serait bien plus simple à retenir, vous ne croyez pas ?

lundi 24 août 2009

Ordure !

Quand vous déménagez, vous avez toujours, entre vos cartons proprement dits et le tri que vous ne manquez pas de faire en rangeant, beaucoup de choses à jeter. Et là, la différence entre Paris et Luxembourg est flagrante !


Le tri sélectif est mis en place ici, rien que de très normal à notre époque. Vous avez donc trois types de bac à poubelles : les gris, pour les ordures ménagères que vous remplissez avec vos propres sacs poubelles ; les bleus pour le papier et le carton, qu'il faut jeter sans autre emballage ; les verts pour le verre, à jeter dans les mêmes conditions. En outre, vous retirez à l'administration communale des sacs bleus translucides, dans lesquels vous mettez les bouteilles en plastique, les briques de jus de fruits, les conserves en métal, etc. Sur le site de la Ville de Luxembourg, en rentrant le nom de votre rue, vous trouvez les dates des tournées d'enlèvement (et donc les jours où vous devez sortir vos bacs ou vos sacs bleus sur le trottoir). Première surprise pour nous, habitués au rythme parisien : les ordures ménagères sont enlevées une fois par semaine seulement (je ne veux pas savoir comment cela se passe quand vous jetez des couches-culottes de bébé qui restent au soleil pendant une semaine au mois d'août...), de même que les bacs de papier/carton et de verre. Les sacs bleus de recyclage sont enlevés tous les quinze jours, de même que les déchets de jardinage (à mettre dans une caisse ou un sac que les éboueurs vous laisseront sur le trottoir), enlevés de début mars à mi-décembre.

Il faut savoir en outre que, pour que la vidange des bacs dans les camions se passe bien, il ne faut pas que lesdits bacs débordent : s'ils ne peuvent se fermer correctement, les éboueurs se réservent le droit de ne pas les ramasser... Et vous n'avez, d'après ce que j'ai compris, droit qu'à un nombre limité de bacs, puisque le site de la Ville vous donne les tarifs des bacs ou des tournées supplémentaires si vous en demandez (tarifs augmentés par rapport au tarif normal annuel que vous payez pour l'enlèvement et le traitement de vos déchets).

Ainsi, si par hasard vous avez plus de déchets à jeter qu'habituellement (lors d'un déménagement ou si vous changez un meuble), vous avez plusieurs possibilités :
- pour le verre et les papiers et cartons, vous trouvez des collecteurs dans divers endroits de la ville, dans lesquels vous pouvez les jeter.
- pour les ordures ménagères, il est interdit de mettre vos propres sacs poubelle à côté des bacs, ils ne seront pas ramassés. Vous devez acheter des sacs spéciaux, siglés "Ville de Luxembourg", dont le prix contient une taxe spécifique pour le ramassage et le traitement des ordures que vous y aurez mises.
- dans tous les cas, vous pouvez aller à la déchetterie (sauf pour les déchets dits "dangereux", comme les peintures, qui sont collectés à un autre endroit).
- si, par hasard, vous ne pouvez vous y rendre, vous pouvez demander un ramassage devant chez vous par les services de la ville, ramassage qui vous sera facturé 42 euros du quart d'heure.


Alors, certes, en France, nous payons plus d'impôts qu'au Luxembourg. Mais, du moins à Paris et dans les villes de banlieue que je connais, nous avons le service public qui va avec : ramassage des ordures plusieurs fois par semaine, ramassage gratuit des encombrants après signalisation auprès de la mairie, etc. Je ne sais pas lequel des deux systèmes est le mieux : au moins, ici, vous êtes très fortement incités à trier vos déchets et à faire attention aux emballages de ce que vous achetez. Mais, d'un autre côté, sans voiture personnelle, vous avez vraiment du mal à apporter vos déchets dans les lieux dédiés à la collecte et au recyclage. Et ça, je ne pense pas que ça soit réellement plus écologique qu'une session de ramassage collectif correctement organisée, même si c'est bien moins cher pour la collectivité. Serait-ce l'argument économique, et non écologique, qui serait réellement à l'origine de ce système ?

jeudi 20 août 2009

Vérité en deçà de l'Alzette, erreur au-delà !

Les Ministères de la Santé de tous les pays mettent en oeuvre des campagnes de prévention autour de la grippe dite porcine, dite mexicaine, dite A/H1 N1. Vivant au Luxembourg, mais regardant la télévision française, je suis donc doublement exposée à ces messages de prévention.

Et là, je dois dire que je suis un peu perdue... Comment faut-il tousser ? Selon le pays, vous n'avez pas les mêmes recommandations. En France, on vous conseille de tousser dans un mouchoir, de le jeter ensuite et de vous laver les mains.

(source : site de l'INPES)

L'idée est, évidemment, de limiter les contaminations par contact : si vous toussez directement dans vos mains ou sans obstruer votre bouche, vous contaminez des objets qui, touchés par d'autres personnes, pourraient les infecter.

Au Luxembourg, on vous demande de tousser "de manière hygiénique", c'est-à-dire dans votre coude, voire dans le haut de votre épaule. Une rapide recherche Internet m'indique que ce message est également celui de la campagne de prévention québecquoise.

(Source : site officiel www.grippe.lu)


Que faire alors ? Je proposerais bien de tousser dans un mouchoir installé dans le creux du coude, mais je ne suis pas sûre que ça soit extrêmement pratique !



Installation enfin finie !

Maintenant que notre installation à Luxembourg est totalement finie, j'espère pouvoir retrouver le temps d'écrire, d'autant que j'ai eu le temps de penser à bien des sujets de billets ! Reprise du blog dès aujourd'hui avec un billet sur la grippe A/H1 N1 !

jeudi 16 avril 2009

De Bonnevoie à Paris : Gabriel Lippman

L'année dernière était fêté le centenaire du Prix Nobel de Physique de Gabriel Lippmann, pour ses travaux portant sur la reproduction des couleurs en photographie. En parler ici peut sembler surprenant, mais vous allez vite comprendre pourquoi.


Gabriel Lippmann était français et c'est en tant que Français qu'il a reçu son prix. Pourtant, il n'en a guère été question à Paris. Or, à la fin de l'année 2008,  "Nouvelles de Bonnevoie" (magazine gratuit distribué dans les boîtes aux lettres du quartier) a consacré la une d'un de ses numéros au personnage et à son prix Nobel. En effet, il fait partie des quelques personnalités célèbres nées à Bonnevoie (à l'époque où le quartier appartenait à la commune d'Hollerich, rattachée en 1920 à Luxembourg-Ville).

Apparemment, seule une conférence a eu lieu au CNAM à Paris l'année dernière pour commémorer ce centenaire. Quant au Luxembourg, je n'ai trouvé aucune cérémonie ni colloque, seulement cet article.

En vivant au Luxembourg et en écoutant parler les Luxembourgeois, on a souvent l'impression d'un orgueil, qui peut paraître excessif, mais qui se comprend aisément eu égard à la taille du pays et à ce qu'il en est souvent dit (à tort) dans les médias des pays voisins. Il est cependant dommageable qu'ils ne se saisissent pas de leur passé et des grands hommes que le pays a engendrés (qui sait, par exemple, que Robert Schuman, un des pères de l'Europe, est né au Luxembourg ?), car ils ont des raisons d'être fiers.

lundi 13 avril 2009

Bonnevoie

Quand nous avons décidé de nous installer au Luxembourg, je n'ai demandé qu'une chose : que ce soit à Bonnevoie. En effet, c'est sans doute le quartier le moins luxembourgeois de Luxembourg-Ville. 


(Photo Licence Creatice Commons, by gwenael.piaser)


Il faut savoir que Luxembourg est une ville faite pour la voiture : certains endroits sont de vrais déserts résidentiels ou des quartiers d'affaires où vous ne trouverez pas une seule boulangerie pour acheter votre pain de ménage (nom local du "pain de campagne"). Or, à Bonnevoie, il existe un vrai réseau de commerces de proximité et, pour moi, c'était vraiment important. Dans le même ordre d'idée, le quartier est plutôt bien desservi par les transports publics et la gare est facilement accessible, même à pieds.

Autre avantage (de mon point de vue) : c'est un quartier très métissé, à l'image du pays (il faut savoir que 60% des résidents du Luxembourg ne sont pas luxembourgeois), ce qui n'est pas le cas d'autres quartiers de la ville. Ceci s'explique sans doute historiquement : c'est l'ancien quartier ouvrier, il a "mauvaise réputation" (enfin, tout s'entend à l'échelle du pays, on est loin de la Goutte d'Or quand même), les Luxembourgeois s'y installent assez peu, ce qui a créé une situation immobilière favorable à l'installation de jeunes couples et d'immigrés. Vous pourrez ainsi trouver quasi côte à côte une boulangerie "purement" luxembourgeoise, une boucherie portugaise, une fromagerie italienne et une épicerie cap-verdienne. Les restaurant sont aussi en nombre et proposent les gastronomies du monde entier.

C'est aussi un quartier en pleine mutation : la ville rénove à tout va, de nouveaux lieux culturels apparaissent, l'ouverture de magasins bio et l'installation enfin d'un marché de quartier laissent présager, pour les années à venir, d'un réel rajeunissement de la population (Bonnevoie est, en effet, encore largement peuplé par des personnes âgées, héritage de la période ouvrière du lieu). Un quartier en réelle mutation, donc, loin de l'image poussiéreuse du pays.